Bonjour, mon épouse est membre de l‘unafam France.
> Mon fils, tombé en schizophrénie, publie un livre « Obscure clarté
> »disponible aux éditions Kirographaires sitewww.edkiro.fr. rubrique témoignages
> J’aimerai savoir si en toute simplicité vous pourriez en parler.
>
> Quelques réflexions sur ce livre:
>
> Ce qui va être mis sur la page d’accueil de l’éditeur:
> Né en 1980, d’un père militaire de carrière et d’une mère au foyer,
> Florent Babillote ressemble à nombre d‘enfants: enfance paisible,
> entourée et choyée, complice de son frère et de sa sœur. Etudiant en
> droit, la pathologie de Florent grandira dans son esprit sans qu’il ne
> comprenne ce qui lui arrive, jusqu’au jour où pris d’une bouffée
> délirante, des voix étranges prendront possession de son esprit. Au plus
> bas et le diagnostique médical tombé, entouré de toute sa famille,
> l‘écriture de son livre qui oscille entre rêve et réalité et qu‘il
> entreprend comme une lecture de sa vie doit se lire comme un
> questionnement qui lui permettra de prendre le recul nécessaire pour
> s’inscrire en lui comme une véritable thérapie.
> Bienvenue dans l’univers obscur de son ombre, bienvenue dans la
> schizophrénie…
>
> Ce que son père pense:
> Comme vous vous en doutez c'est pour toute la famille une vraie joie la
> sortie de ce livre.
> Arrêt de ses études de Droit, remise en question, mon fils Florent après
> sa maladie finit par réussir le concours d'aide- soignant. Il est
> actuellement sur sa demande à Rennes au centre hospitalier Guillaume
> Régnier qui s'occupe des maladies mentales . Il veut aider ceux qui un
> jour ont été comme lui dans la détresse de ce type de pathologie.
>
> Il n'a pas voulu mettre un nom pseudo sur son livre mais met son vrai
> nom, ce qui dans notre société est très courageux compte tenu de son
> emploi actuel.
>
> Je suis fier de ce qu'il entreprend et cela est aussi un début de
> "guérison" pour sa maman et moi et car comme vous vous en doutez, cela a
> été très dur pour nous....
> Lui et nous sommes passés au dessus de cette maladie et nous prenons
> l'option qu'elle permet de créer et non de détruire. Van Gogh n'était il
> pas schizophréne ? Nous en avons beaucoup parlé avec lui. Nous n'avons
> jamais voulu l'exclure du cercle familial et il a toujours eu sa place
> dans la maison, délirant ou pas. Son frère et sa soeur, comme nous, ont
> toujours été à ses côtés.
>
> Pour ma part et pour rester auprès de lui, officier de l'armée
> française, je refuse une affectation à Paris ce qui me vaudra l'abandon
> d'un avancement au grade de Général. Mon fils écrit un chapitre intitulé
> "mon colonel de père". je vous avoue que ne n'ai pas encore eu la force
> de le lire. Ceci étant et concernant mon avancement je ne regrette rien
> surtout quand il s‘agit de mon fils.
>
> Florent a eu la chance de disposer très vite d'une médication qui lui
> convenait et conseillé régulièrement par ses parents son frère et sa
> soeur, il a pris conscience que cette médication il ne devait pas
l'arrêter.
> >
> > Qui a été déterminant dans cette acceptation de la maladie? Je ne sais
> > pas et ce n'est pas important. Tous nous avons été là avec lui et nous
> > l'avons encouragé pour son livre.
> > Je crois qu'il a trouvé son chemin, en tout cas un chemin qui lui permet
> > de s'accrocher à la vie. Un grand merci aussi à sa petite amie et à ses
> > copains rennais qui ne l'ont jamais abandonné comme cela peut arriver
> > dans ces cas- là car comme vous le savez, la décompensation cela existe.
> >
> > Voilà juste ce que nous voulions vous dire.
> >
> > Jacques Babillote
> >
> > Ce que sa mère pense:
> >
> > Je suis intimement persuadée que rencontrer l’UNAFAM et ses équipes de
> > bénévoles, de faire partie d’un groupe de paroles,animé par un
> > psychologue amoureux de son métier,d’assister aux différents ateliers
> > proposés par l’association m’a été d’un très grand secours.
> > Toute seule, je n’y serais point arrivé.
> > Dans cette association, j’ai pu exprimer ma colère,mes angoisses et ma
> > frustration en toute liberté et dans l’anonymat total.
> > Merci aussi aux parents que j’y ai rencontré,pour l’échange,pour
> > l’amitié et la solidarité dont-ils ont fait preuve.
> > Et surtout un grand merci pour les accueillants du numéro d’écoute à
Paris.
> > Ils m’ont toujours secouru,conseillé et écouté avec humanité.
> > Ils doivent se souvenir de moi car je les ai consultés régulièrement et
> > à chaque souci concernant mon fils.
> > Merci tout simplement du fond du cœur aux bénévoles,aux animatrices des
> > ateliers,aux professionnels de santé,aux parents qui ont compris qu’un
> > chagrin partagé est moins lourd à porter.
> > Merci à l’Unafam d’exister et à Florent de nous avoir fait confiance.
> >
> > Soraya Babillote.
> >
> >
> > Le quatrième de couverture du livre «Obscure clarté Schizophrénia » :
> >
> > J’ai 15 ans. Dehors il fait nuit noire. Je dors du sommeil profond de
> > l’enfance. Il pleut à mort .La nuit et la pluie se mélangent, se
> > confondent, se mêlent et s’entremêlent. Un coup fort sur la porte de ma
> > chambre brise le silence de la nuit. Je m’assieds sur mon lit,
> > interloqué. Le son revient plus fort et insistant, comme un appel
> > .Intrigué, je me lève et j’ouvre la porte. Le couloir est sombre et
> > immense. Je ne reconnais pas son aspect habituel.
> > Une petite lumière clignote tout au bout de cet étrange tunnel cerné de
> > portes. Effrayé je me mets à marcher dans ce dédale sans issue. Je
> > marche toujours en ouvrant chaque porte mais seule l’obscurité totale
> > surgit pour me répondre Je continue mon triste manège, ouvrir une porte,
> > pieds nus. J’ai froid, j’ai peur. J’ai envie d’hurler mais ne peux pas.
> > Une voix étrange sort de la nuit comme pour me guider .Des cris
> > terrifiés résonnent dans le silence.
> > Mon angoisse m’étouffe, je veux me sauver et retrouver ma chambre.
> > Quelqu’un crie et m’appelle sans répit. Je ne le connais pas mais lui me
> > connaît. Je tourne sur mes pieds comme une toupie J’ai mal aux oreilles,
> > à la tête, tout tourne de plus en plus autour de moi.
> > Si j’avais su, je n’aurais jamais quitté mon lit. Aussi, je vous donne
> > un conseil avisé: «Si quelqu’un frappe à votre porte en pleine nuit,
> > n’ouvrez pas, n’ouvrez jamais. Vous ne savez pas qui est derrière!!».
> > Aujourd’hui je sais, hélas, mais c’est trop tard.
> > La maladie est venue me voir ce soir d’hiver... Elle ne me lâchera plus.
> > Le combat est constant mais inégal. J’ai cru en mon passé, je doute du
> > présent et j’ai peur de l’avenir.
> >
> > Bienvenue dans l’univers obscur de mon ombre, bienvenue dans la
> > schizophrénie.
> >